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Il m'a toujours semblé que le bleu était la couleur du désir. Longtemps il m'a habillée. Un jour, il m'a lassée, trop désir et pas assez de réalité.

Et voici qu'aujourd'hui, il me rejoint, je le retrouve. Ce bleu qui peint le monde de sa transparence. Il y a longtemps que je ne me suis offerte à la vacance du temps qui  défile sans devoir obligé. Fleur égarée qui flotte sur la mer turquoise de notre piscine, dans cette maison coup de coeur découverte en Dordogne, je me laisse doucement dériver. Souvenir de mes premières vacances. A cinq ans, sur la Méditerrannée. Eblouissement de la petite fille sage qui respire le grand bleu de l'horizon.  A corps perdu dans l'eau douce qui porte et qui emporte. Etrange de saisir combien longtemps mon désir a cherché son objet avant d'être subitement trouvé(e) par lui. Je tente de resaisir, en cette année qui ne ressemble à aucune autre, l'éblouissement de l'enfance perdue...et restaurée.

Cette maison vieille et sa piscine à apprivoiser m'y invitent, m'y incitent. Goûter la beauté du monde et me laisser porter par le désir d'être. Me retrouver dans le bleu turquoise, dans la transparence de l'eau qui porte, après les bleus foncés de l'âme froissée de ces derniers mois.

Le départ du père qui a choisi de s'enfoncer dans le bleu nuit du fleuve carnivore a-t-il permis le retour à la légèreté après la traversée du gouffre? Ainsi va la vie qui parfois offre à la mesure de ce qu'elle a pris.  Qu'importe aussi longtemps que la fleur flotte sur la transparence du désir bleu. 

Promesse de vacance qu'offrent (parfois) les vacances!