Là où il y avait une blessure, se creuse un nid. Dans le secret d'un tronc percé, d'un amour ravagé, d'un idéal violenté parfois étrangement naît l'oeuvre de soi et la rencontre de l'autre...une étonnante aventure. Cette fois encore, je viens d'en être le témoin et de la vivre.

Nous étions huit ou neuf, ou sept selon les variations du jour à égrener autour de la table nos histoires et à très doucement apprivoiser les échancrures de nos ruptures, à lécher à coup d'encre et de couleurs les plaies suintantes de nos parcours sans jamais laisser nos lèvres se rigidifier sous l'âpreté des violences ou se perdre dans l'indifférence de l'inattention.

Là où il y avait le silence, s'ose la parole. Dans l'intime d'une oreille à l'écoute, d'une tendresse ébauchée, d'une chaîne humaine recomposée très lentement émerge une lumière du fond de l'abîme et la folie d'une naissance inattendue... une étonnante aventure. Cette fois encore, l'insoupçonné s'est dévoilé.

Nous étions huit ou neuf, ou sept selon les variations du jour  à écouter dans la voix de l'autre le récit de notre histoire et à très précautionneusement découvrir comment en prendre soin, dans l'attention au reflet dans le miroir qui racontait sans que nous nous en doutions le secret de nos origines, celui que depuis tant d'années nous camouflions dans le secret d'un tronc percé, d'un amour ravagé, d'un idéal violenté. Cette fois, cette fois enfin, par la force du cercle des paroles échangées, nous avons entendu l'écho d'un soufflle qui nous dépassait... celui de l'humain partagé.

Là où il y avait la brume et la grisaille, un soleil est né. Par la grâce de la danse des mots et la musique des phrases. nous étions huit ou neuf, ou sept femmes et hommes qui avaient osé partager la blessure intime et en faire oeuvre de beauté. Un monde en était né dans lequel nous ne serions plus jamais inconsolés.

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photo: A.Trekker

Tout cela s'est passé dans le secret d'un tronc percé.