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Photo: A. Trekker

Depuis quelques semaines, je me suis tue.

Mais mon silence n'est pas celui de l'absence. Encore moins celui du vide.

Plutôt une trace blanche dans un ciel bleu.

 

Mon silence est une sagesse. Il s'est imposé face à un trop-plein.

Il a posé un doigt sur ma bouche et détaché mes mains du clavier.

Il m'a chuchoté à l'oreille d'apprendre à dire "non" à trop d'activités pour dire "oui" à mon désir d'être.

 

Mon silence est une audace. Celle de retrouver les valeurs qui me portent.

Celle d'une présence attentive. D'une écoute juste.

Il est empli d'amour pour celles et ceux qui me sont proches, d'attention pour celles et ceux qui m'entourent.

 

Mon silence est un ressourcement. Il commence dans la neige blanche d'une robe de mariée, l'épouse de notre fils.

Il finit  dans la rondeur d'une lune pleine qu'effleure l'éclipse, un soir très doux dans la ville lumière. A Paris.

 

Mon silence est une renaissance. Celle d'un minuscule soleil qui se lève au pays de l'espoir, au coeur de l'avenir.

 

Mon silence est un sourire, celui que j'ai vu naître sur les visages des hommes venus de l'Afrique.

Ces compagnons d'écriture avec lesquels se sont écrites les traces du pays des origines.

Les mots porteurs des ancêtres et les rêves d'une autre vie.

 

Mon silence est un accouchement. Celui de demain qui s'annonce dans l'aujourd'hui et prend racine dans l'hier.

Mon silence  porte l'espoir de l'inconnu, l'ouverture de la page blanche.

Prenez-en soin. Il est fragile comme l'enfant qui vient de naître.