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photo :A. Trekker

Et si l'été nous apportait cette chance de retrouver l'esprit d'enfance? Ou du moins de nous inviter à une séance d'immersion dans un monde dont le langage diffère du nôtre, celui des adultes?

Et si un bol ne servait pas seulement à boire du lait, du café ou de la soupe mais aussi à s'y cacher, à fermer les yeux, à voir ce qu'on ne regarde jamais? A oublier ce qui nous semblait si important l'instant auparavant et à voir la face cachée des êtres et objets qui nous entourent.

Si les voyants peuvent prédire l'avenir en fixant le marc de café, ne pourrions-nous le saisir dans le regard malicieux d'un petit garçon qui se masque  derrière un bol de lait?

Que m'est-il arrivé? J'ai perdu mon esprit de sérieux depuis le mois de juin dernier lorsque j'ai compris à Paris et ailleurs combien des adultes "responsables" pouvaient l'être peu. Je les ai observés prôner  pour les autres ces règles du jeu qu'ils s'avéraient incapables d'appliquer. J'aurais pu m'en désoler ou me fâcher, je me suis contentée de m'éloigner de ces jeux pernicieux dont je connais trop bien les effets destructeurs.

A distance, sous le soleil de l'été et le temps de la vacance, j'ai repris simplement ma vie en main et suis partie sur la pointe des pieds vers d'autres plaisirs, d'autres aventures. Dans le jardin, celui de notre maison de Tellin puis dans celui de Daglan j'ai retrouvé l'esprit d'enfance, malicieux et rieur qui m'a soufflé à l'oreille que pour avoir du bol dans la vie, il faut savoir lâcher prise et regarder les reflets dans l'eau. On y voit le monde par transparence, tout empli du friselis de l'aujourd'hui et des promesses de demain. Quelle est merveilleuse cette liberté d'enfant farceur et frondeur !    

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photo: A. Trekker