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Photo: A. Trekker

Quel est le premier geste que vous esquissez en rentrant chez vous? En revenant le soir après une journée au dehors ou au travail? En rentrant l'après-midi après un repas avec une amie, un ami ou des achats dans le quartier?  En déposant les valises après un voyage, qu'il ait duré le temps d'un week-end ou d'un été? Réfléchissez-y et écrivez-le. Ce premier geste est peut-être, sans doute, une de clés de votre énigme. D'où je viens, qui je suis, où je vais...

Moi c'est simple. Je vais directement vers mes plantes ou mon jardin. J'enlève les fleurs fanées, j'arrache quelques herbes sauvageonnes envahissantes et je donne à boire.  Je ne le savais pas que c'était là ma clé, tant le mouvement est spontané et ne demande aucune réflexion. Je vais vers le vivant et je donne à boire.

Cette année, pour me faciliter le passage entre là- bas, le Sud-Ouest de la France et ici, l'Ardenne en Belgique, j'ai emporté avec moi deux pots fleuris que je ne me suis pas résolue à laisser dépérir de soif sur le lieu que je quittais. Ils ont fait le voyage à l'arrière de la voiture, bien arrosés au départ, posés au pied des sièges des passagers. Nous n'étions que deux à l'avant, ils avaient de la place pour respirer. Ils ont passé une nuit dans un garage bien à l'abri, le temps d'une étape, et aujourd'hui ils respirent sur la terrasse de notre maison devant le panorama des collines de la Famenne.

Ils respirent? Sans doute mais plus que tout, c'est moi qui les respire. Ils m'ont donné une des clés du passage. Les plantes ont avant tout besoin d'être arrosées, les êtres humains aussi. La vie nécessite qu'on la nourrisse. D'eau ou de mots. Des deux sans doute car je parle aussi à mes plantes et je tends l'oreille pour saisir cet infime soupir de bien-être qu'elles me susurrent en redressant la tête lorsqu'elles absorbent doucement le liquide nourricier.

Alors pensez-y, quel est le premier geste que vous esquissez en rentrant chez vous?