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Elle s'appelle Célestine. Elle a sept ans ! L'autre matin, elle nous a fait sa crise, celle de l'âge de raison. Elle a refusé de démarrer, j'ai cru à un coup de mauvaise humeur qui allait passer. J'ai attendu qu'elle se reprenne et j'ai tenté de renouer le dialogue. Mais rien, silence radio et voyant rouge allumé sur l'indicateur batterie. J'ai retenté la conversation avant de me rendre à l'évidence. Elle me faisait le coup de la panne.

Alors tout s'est mis en route. Téléphoner à Touring assistance étranger. Choisir le 1, puis encore 1 et enfin le 1 et une voix suave m'a demandé les infos d'usage sur la vie et l'état de santé de Célestine avant de conclure qu'on allait m'envoyer quelqu'un pour le dépannage. Une demi-heure plus tard, une autre voix à l'accent occitan m'a annoncé que l'aide n'allait pas tarder. Un troisième appel, du chauffeur réparateur, m'annonçait qu'il se trouvait devant notre ruelle mais ne pouvait pas y entrer  parce que son camion remorque ne passait pas, ce dont je me doutais.

Pierre est allé le chercher à pied. L'homme a tenté d'entamer la conversation avec Célestine mais elle est restée boudeuse. Pourtant il ressemblait un peu à Ernest avec son air bougon mais brave au fond. Il est parti chercher une batterie de rechange, a placé les pinces et tenté de lancer le moteur. Rien! Célestine s'entêtait et Ernest s'inquiétait. A cause de l'électronique, tout se bloquait. Et puis, en plus, c'était une voiture avec une boîte automatique... Cela n'a pas dû plaire à Célestine, toutes ces remarques désobligeantes. Elle a fait la tête et Ernest a décidé qu'il fallait l'embarquer sur la remorque.

Restait à la faire sortir de la ruelle pour monterr sur l'engin. Pas de chance, il y avait une montée avant la descente. La pousser, impossible ! Il aurait fallu quelques paires de gros bras. Nous n'étions que trois maisons et quatre paires de petits bras. Voyant notre embarras, la voisine hollandaise est venue à notre rencontre. Que se passe-t-il ? Ah bien ! Mais elle peut tirer Célestine avec sa Toyota. Ernest retourne au camion et apporte des sangles et l'affaire se joue en quelques minutes. Voilà Célestine embarquée !

Le lendemain re-jeu du téléphone... Il faut attendre. On passe une nuit sans nouvelle. Puis un appel: tout va bien. La nouvelle batterie est installée, le système réinitialisé et Célestine nous attend... à 20 km de la maison... Certes Touring nous a proposé un taxi mais je doute de la disponibilité rapide d'un taxi dans notre campagne... Pierre va frapper chez notre voisin, Monsieur P., qui accepte de nous emmener. C'est l'occasion de faire la conversation. Au garage, un papier à signer, quelques mots à échanger et nous voilà repartis.

Pour fêter le retour de Célestine, nous décidons d'aller déjeuner dans un petit resto sympa des environs. A la fin du repas, j'e vois arriver une photographe parisienne que je n'imaginais jamais rencontrer ici. Embrassade. Elle me fait penser qu'il faut que je renoue le contact avec J. qui travaille avec elle et que j'ai perdu de vue. Nous rentrons. Pierre va chercher une bouteille de vin pour l'offrir à notre voisin convoyeur, je choisis un gâteau aux noix pour le déposer sur la table de la terrasse de notre voisine hollandaise et je m'installe à l'ordinateur pour écrire un message à J. Pourvu qu'elle me réponde, j'ai envie de la retrouver. Finalement, elle est très forte Célestine pour créer ou recréer des liens !