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Légende: à gauche, photo du travail de Sylvia Bauer (dessin réalisé au feutre permanent) : "Black & white"; à droite, photo du travail de Véronique Louppe (dentellière) :"Retour"

Je ressens beaucoup d'émotion après la visite de l'exposition à la Vieille Cense de Marloie (jusqu'au 13/09/2015). J'y ai découvert la vingtaine de Grands violons créés par des artistes belges, français, autrichien et québécois. Ils sont réalisés d'après le violon "charme"du Maître luthier Gauthier Louppe qui a créé à Marche-en-Famenne l'école internationale de Lutherie. L'artisan-artiste a choisi de concevoir des violons aux formes élargies, sculptures adaptées à notre époque qui offrent un ensemble de sonorités vastes et riches. D'objet utilitaire, l'instrument se transforme ainsi en objet d'art.

Cette alliance entre l'artisanat et la création plasticienne a suscité l'idée d'explorer son potentiel artistique en grandes dimensions sous forme de sculptures. Voilà qui est fait ! L'exposition invite dès l'entrée à franchir les frontières sensorielles entre les différentes formes d'expressions et déploie de salle en salle toute sa puissance créatrice.

Ainsi le violon de Sylvia Bauer (Autriche)  évoque la partition de musique à la manière d'une composition instinctive. Mon souhait, précise l'artiste, était de faire décoller le spectateur dans une autre dimension, de le faire rêver à une musique jamais entendue, comme aurait pu le faire Paganini. Quant au violon de Véronique Louppe (Québec), soeur du Maître luthier, il évoque le passage de la dentelle traditionnelle aux fuseaux (un des savoir-faire de la ville de Marche) vers la "dentelle scupturale" à trois dimensions à partir du fil de métal.  

Plaisirs des sens et joie créatrice sont au rendez-vous tandis que se cotoient évocations de la musique, la peinture et la littérature. Je souris en revoyant l'Empire des signes de Luc Templier qui fait danser les lettres, les signes, les couleurs, les formes dans une étonnante Symphonie des couleurs.Il y a là une sorte de réjouissance intime, celle de la vie qui émerge et bruisse.    

De cette visite, je reviens, convaincue que dans mon travail d'écriture, d'animation et d'édition, il y a là une voie pleine de promesses, faite d'audaces et de rencontres à explorer. Pour que l'écriture et le livre puissent préserver la place qui leur revient, il importe de les faire vivre en résonances avec d'autres formes d'approches artistiques. Un beau défi à relever !  

 

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Légende : extrait de "L'empire des signes. La symphonie des couleurs" de Luc Templier.